AMAZONIE : LES COUPES ILLEGALES DE BOIS CONTINUENT

Greenpeace a rendu publiques, ce 26 septembre, de nouveaux éléments qui démontrent qu'un grand nombre de coupes illégales sont pratiquées au cœur de la forêt tropicale amazonienne. Des images photo et vidéo, récemment prises par Greenpeace lors d'une reconnaissance aérienne, montrent de manière significative que des activités d'exploitation forestière sont en cours sur le Territoire indien des Kayapo d'Amazonie, une région où l'exploitation forestière est en principe strictement interdite. Des images satellites, obtenues par Greenpeace, apportent encore plus de détails sur ces activités. L'organisation écologiste présente aujourd'hui ces informations au procureur fédéral de Brasilia, conjointement à une demande d'enquête approfondie.

En effet, la publication de ces données témoigne à nouveau des lacunes du système de planification du gouvernement brésilien, dont la responsabilité est de protéger de l'exploitation illégale, la plus grande forêt tropicale de la planète. Dans le but de défendre l'accès de la forêt à l'exploitation de l'acajou, le gouvernement brésilien a mis en place en 1996, un moratoire sur tout nouveau projet d'exploitation de cette espèce. Cependant, selon les dernières informations de Greenpeace, plusieurs compagnies profitent des plans de gestion forestière existants aux abords des terres indiennes, dans la zone appelée "Terra do Meio" (Terre du Milieu), pour mettre en place leurs activités de coupes illégales sur le territoire voisin des Kayapo.

"Malgré les nombreuses promesses faites par les gouvernements du monde entier pour protéger les forêts anciennes, les pratiques d'exploitation forestière illégales et destructrices sont toujours une réalité courante en Amazonie brésilienne" a déclaré Paulo Adario, coordinateur de la campagne Amazonie de Greenpeace. "Le gouvernement français doit mettre en place des mesures restrictives d'importation des bois, afin de ne pas participer à la destruction de l'Amazonie. A ce jour, seule la certification FSC (Forest Stewardship Council) assure que les bois proviennent de forêts gérées durablement" ajoute Ludovic Frère, responsable de la campagne Forêts à Greenpeace France.

Au Brésil, la plus importante concentration d'acajou se trouve dans cette zone de Terra do Meia ainsi que sur les terres indigènes qui l'entourent. Le prix très élevé de ce bois précieux constitue une forte incitation à la destruction de la forêt. Par ailleurs, l'absence de contrôle incite d'autant plus les exploitants forestiers à envahir cette région. En conséquence, "Greenpeace demande un moratoire immédiat sur les coupes industrielles, qu'elles soient légales ou illégales, sur les Terra do Meia tant qu'une évaluation de la valeur écologique de cette zone n'aura pas été menée et qu'un plan d'aménagement crédible n'aura pas été conçu et adopté" a déclaré Paulo Adario.

De plus, à l'échelle mondiale, Greenpeace demande un moratoire sur les activités forestières et autres activités industrielles dans toutes les grandes zones de forêts anciennes, jusqu'à ce que des mesures soient prises pour assurer que le bois provient bien de forêts gérées d'une façon légale et écologiquement responsable. Greenpeace demande également aux gouvernements des Nations Unies de créer un fonds mondial pour les forêts anciennes, doté d'un budget annuel de 15 milliards de dollars américains qui permettra de financer ces mesures.

Vous trouverez sur le site www.greenpeace.org/amazon une carte satellite et une présentation de l'enquête de Greenpeace. Vous pourrez aussi suivre l' avancée du projet de démarcation des terres Deni : une aide à la démarcation des terres des Indiens Deni permettant de les protéger de l'intrusion des compagnies forestières.

Greenpeace France,
22, rue des Rasselins,
75020 Paris,
tél. : 01.44.64.02.16,
fax : 01.44.64.02.00,
site : www.greenpeace.fr.

Lire aussi : - " Les mille et une forêts, vie et disparition ", Ludovic Frère, Ed. Favre / Greenpeace (12, rue Duguay-Trouin, 75006 Paris, tél. : 01.42.22.01.90, mél : edfavre@noos.fr), 2001, 215 p., 129 F - 19,70 €. Le premier ouvrage portant sur l'alarmante disparition des forêts primaires.

article retransmis par Biocontact