POISONS MORTELS AU NEPAL

Une douzaine d'activistes de Greenpeace en provenance d'Inde, d'Allemagne et d'Angleterre, en association avec des techniciens agricoles népalais, ont débuté, le 11 octobre, une importante campagne de nettoyage et de confinement de pesticides obsolètes, hautement toxiques et stockés dans un entrepôt aux environs de la capitale du Népal, Katmandou.

  Ces substances mortelles qui comportent des produits interdits comme la dieldrine, des composés mercuriels organochlorés ou du DDT, furent produits et importés il y a près de 25 ans, par des multinationales telles que Bayer, Hoechst, Sandoz (aujourd'hui Novartis), Shell, Rhône Poulenc (bientôt Bayer), Union Carbide (aujourd'hui Dow) ou Monsanto. Ces pesticides obsolètes entreposés dans leurs emballages d'origine rouillés et pourrissant, sont exposés aux éléments extérieurs et font peser une menace constante sur l'environnement et sur la santé des travailleurs, des résidents et des animaux de ferme, qui vivent au Conseil National de Recherche Agricole (NARC) où se situe l'entrepôt. L'eau potable, les systèmes d'irrigation et les sols sont également exposés.

  Greenpeace met en demeure les multinationales de retirer ces déchets toxiques du Népal et d'assurer leur destruction. On estime qu'à travers le monde, environ 500 000 tonnes de pesticides obsolètes sont stockés dans de très mauvaises conditions, représentant autant de bombes à retardement écologiques, encore plus particulièrement lorsqu'elles se situent à proximité des zones résidentielles ou des écoles.

  " Ici, le danger est imminent ", déclare Andreas Bernstorff, chargé de campagne sur les déchets toxiques à Greenpeace International. " Nous agissons au nom des entreprises responsables mais hélas, sans leur mandat ". Greenpeace reconditionne actuellement ces pesticides obsolètes pour les préparer en vue d'un transport maritime. " Toutes les entreprises devraient prendre leurs responsabilités vis-à-vis de leurs produits, rapatrier ces déchets toxiques hors du Népal et les éliminer en accord avec les principes de la convention de Stockholm. Le Népal est l'un des pays les plus pauvres du monde et n'a pas les moyens de relever un tel défi "ajoute Andreas Bernstorff.

  Les activistes de Greenpeace sont équipés de tenues de protection totale et effectuent de fréquentes rotations sur les lieux de travail au CNRA à Khumaltar, près de Katmandou. Des liquides, de la poussière et de la poudre se sont échappés de sacs et sachets pourrissants, de bouteilles cassées et de boîtes de fer blanc rouillées. Ces substances ont formé une couche de pur poison sur le sol, dans un décor de cadavres de rats et d'insectes momifiés. La première étape a consisté à empaqueter ces substances répandues, les déchets et les contenants vides, dans des fûts haute densité. Lors de la prochaine étape, les activistes reconditionneront des centaines de petits containers, sacs et sachets.

   Les substances les plus toxiques proviennent de Bayer et comportent principalement des composés mercuriels organochlorés, interdits depuis longtemps, ou le très toxique méthyle-parathion E 605. D'autres produits extrêmement dangereux ont été identifiés : du dieldrine (Shell), du DDT (Du Pont) et du bromure de méthyle (Union Carbide, aujourd'hui Dow). Tous ces poisons furent " offerts " au Népal ou acheminés à travers les mécanismes de l'aide internationale, afin " d'ouvrir de nouveaux marchés ".

En conséquence, Greenpeace demande :

- Que les fabricants et les fournisseurs des pays d'origine prennent l'entière responsabilité logistique, technique et financière de leurs déchets.
- Que soient réalisés un inventaire mondial de tous les pesticides obsolètes et des opérations de reconditionnement afin d'assurer leur sécurisation.
- Que soient assurées leur récupération par les industries responsables et leur destruction d'une manière satisfaisante du point de vue environnemental, en accord avec la convention de Stockholm.


Greenpeace France,
22, rue des Rasselins,
75020 Paris, 
tél. : 01.44.64.02.02,
fax : 01.44.64.02.00,
site : www.greenpeace.fr

article retransmis par Biocontact