| LES AGRICULTEURS BIOLOGIQUES N'ACCEPTERONT PAS D'ETRE CONTAMINES PAR DES OGM Par leur dissémination incontrôlable, les OGM représentent un risque majeur pour l'agriculture biologique. Il serait ahurissant qu'une technique rejetée par les citoyens mette en danger un mode de production appelé par tous à se développer. A défaut d'obtenir une interdiction totale, les producteurs biologiques exigent des outils de contrôle efficaces pour garantir les risques : reconnaissance de la responsabilité des disséminateurs de gènes manipulés et mise en place de périmètres de protection autour des parcelles biologiques. Le potentiel économique, écologique et social de l'agriculture biologique ne doit pas être sacrifié au profit d'une économie génétique que la société refuse et qui n'apporte pas de solution technique pérenne. Le récent rapport de l'Afssa (1) sur la très fréquente contamination " accidentelle " des cultures françaises par des organismes génétiquement modifiés ne laisse pas d'inquiéter les agrobiologistes. En effet, l'agriculture biologique s'est donnée comme règle l'interdiction totale de l'usage des OGM. Ainsi, un producteur biologique contaminé pourrait voir sa production totalement retirée des circuits de transformation biologiques. Avec des contaminations à grande échelle, c'est la bio entière qui est menacée. C'est pourquoi la constatation d'une contamination de 17 % des champs de colza, soja et maïs français par les OGM (avec une pointe à 41 % pour le maïs !) est porteuse d'un grand danger pour la pérennité de l'agriculture biologique, et plus généralement des filières non-OGM. Cette inquiétude est d'ailleurs partagée par le Ministère allemand de l'Agriculture, qui l'a annoncé le 20 juillet 2001. En particulier, le ministère allemand insiste sur la nécessité de définir des distances réglementaires sérieuses entre les champs biologiques et les champs OGM. La Fédération nationale d'agriculture biologique des régions de France (FNAB), qui représente les producteurs biologiques français, réaffirme que les agrobiologistes ne toléreront pas que leur mode de production soit mis en danger par la logique économique et l'irresponsabilité de firmes semencières et agroalimentaires. La FNAB rappelle quelques revendications essentielles : - La nécessité de définir un périmètre de protection large autour des parcelles conduites en agriculture biologique (y compris pour les futures parcelles engagées en bio). - La reconnaissance des OGM comme une pollution (" pollution génétique "), permettant de saisir les assurances en cas de contamination. - La mise en œuvre de filières garanties " sans OGM " à la charge des filières OGM : il serait inadmissible que ces coüts retombent sur ceux qui conservent simplement des pratiques antérieures aux OGM. - La priorité à accorder au développement de techniques alternatives, réelles solutions pérennes pour répondre aux enjeux du développement agricole durable de la planète et de la lutte contre les pollutions : agriculture biologique, cultures vivrières adaptées aux techniques locales et aux structures sociales, prévention des maladies et désherbage mécanique, etc. Communiqué de la FNAB, 27 juillet 2001. 1. Agence française de sécurité sanitaire des aliments. publié dans Biocontact n°107 |