LA FILIERE BIO EN TURQUIE - l'oeuvre d'une société pionnière : Rapunzel

Alain Tardif, correspondant de Biocontact, a accompagné les gagnants du voyage en Turquie (offert par Rapunzel) du jeu-concours "Biocontact fête ses dix ans" :

Jeudi 30 août, nous sommes un groupe de près d'une quarantaine de personnes en partance pour Izmir, Turquie, en embarquement à Orly. Beaucoup de bonne humeur et de l'excitation dans la perspective de découvrir un pays, une culture, et des producteurs. En compagnie de François, gérant de Rapunzel France, et de son équipe commerciale, notre groupe, pour la plupart des gérants de magasins bio (Biocoop, magasins indépendants, réseaux de magasins, etc.) s'apprête à découvrir une partie du projet Turquie de Rapunzel. Au programme, tourisme bien sûr, mais aussi rencontre avec les producteurs d'un village converti en Bio, le village de Tekelioglu, les producteurs de figues de la région d'Aydin, les ingénieurs de la société Rapunzel Organik, basée en Turquie, et la visite des installations de cette filiale turque de Rapunzel.

Cà y est, nous sommes à Izmir, et notre première préoccupation, à notre arrivée, c'est de prendre nos quartiers à l'Hôtel, en bord de mer Egée. Le lendemain matin, certes, n'est pas très harassant, puisque nous visiterons les souk d'Izmir, afin d'acquérir des souvenirs personnels. Les senteurs d'épices, les cuirs, l'accueil des artisans turcs dans leurs propres ateliers, et encore les tapis, le bruit du marteau du forgeron, tout cela constituera notre premier contact avec le peuple et la culture turque (sans oublier le repas de la veille, arrosée de vin local ou de raki, boisson alcoolisée à l'anis bien meilleure au goût que certaines boissons anisées du sud de la France).

Rapunzel Organik, une entreprise modèle

Dès le midi, nous sommes dans les locaux de Rapunzel en Turquie, à Ören (banlieue d'Izmir), dont l'entrée est joliment décorée d'un jardin, et nous sommes chaleureusement accueillis par Atila Ertem, ingénieur agronome turc et responsable de Rapunzel Organik. Il constitue l'une des clés de voute du projet Turquie de Rapunzel. La nourriture est bonne, aubergines cuites, sorte de pil pil cuisiné, plats orientaux en sauce qui appellent le voyage. On est bien loin des affaires franco françaises et même les petites rivalités entre certains magasins bio s'estompent ou donnent l'occasion des premiers traits d'humour. Emerveillement de Peggy, dont la chemise vient de s'orner d'un magnifique papillon de nuit.

Après le repas, nous visitons les locaux de Rapunzel Organik, deans lesquels s'opèrent le tri et le conditionnement des figues et des abricots secs. Signalons tout d'abord la très grande propreté qui y règne. Les installations sont aux normes européennes (les normes ISO). De plus, comme le souligne Atila Ertem, Rapunzel Organik est une des rares sociétés turques à déclarer tous ses employés. En outre, les employés ont tous la majorité légale pour travailler, soit 18 ans minimum, et certains contrats d'apprentissage sont passés avec des jeunes de 16 ans minimum. Ainsi sont exclus le travail les enfants au sein de l'entreprise. De plus, les employés bénéficient d'infrastructures de bonne qualité, une salle de formation ou de réunion (qui peut servir aussi à la formation pour des paysans en biologie ou désireux de s'y convertir), des conditions de travail et d'hygiène impeccables...

Lorsque les fruits secs arrivent dans les locaux de Rapunzel, ceux-ci suivent un circuit très précis de contrôles, de nettoyage, de conditionnement. En fait, rien n'est laissé au hasard. Par exemple, les figues et les abricots séchés, qui arrivent en cagettes sur le quai de l'entrepôt, sont d'abord contrôlés. Ce premier contrôle permet d'éliminer des lots défectueux, qui ne seront pas payés au producteur. Cela concerne une petite fraction (souvent quelques pourcents) des productions. Ces cagettes sont marquées d'une pastille rouge. D'autres sont en attente de contrôles plus poussés et sont marquées d'une pastille orange. Et enfin, celles qui sont marquées d'une pastille verte peuvent poursuivre le cheminement qui aboutit au conditionnement. Mais d'ici-là, les abricots secs et les figues sèches doivent passer par plusieurs étapes très précises (voir encadré). François Llado, responsable de Rapunzel France, en profite pour tordre le coup à une idée fausse : il n'existe en réalité qu'une seule variété de figue à l'origine des Baglama, des Protoben et autres appellations. En fait, chaque appellation ne se réfère non pas à une variété de figue mais à un mode spécifique de conditionnement des figues sèches...

Les raisins secs (sultanines), quant à eux, sont triés et conditionnés dans les locaux d'une entreprise voisine de Rapunzel Organik, la société Oguzcan, qui traite par ailleurs des fruits secs non bio. Sa proximité permet aux responsables qualité de Rapunzel d'être présents à chaque fois que des raisins bio sont travaillés. Pour bien identifier le bio, les filières bio et non bio sont parfaitement séparées et les lieux de stockage sont différents : un entrepôt spécifique est exclusivement réservé au bio. Lorsqu'une récolte de raisins secs bio parvient dans les lieux de tri et de conditionnement, les chaînes de tri et de conditionnement sont entièrement consacrées aux raisins secs bio.

Que cela soit dans les locaux de Rapunzel Organik ou chez les voisins d'Oguzcan, le travail se fait dans la bonne humeur. Les locaux de tri et de conditionnement des fruits secs sont le domaine des femmes. De nombreuses employées effectuent avec minutie leur tâche, trier les raisins secs, couper en lanières les abricots et les figues sèches, empaquetage des figues et des abricots secs, enfin prêts à l'exportation, etc. Lorsqu'un service s'égaie un peu trop, une responsable revient mettre un peu de bon ordre et le travail se poursuit dans l'efficacité et la bonne humeur. Dans les laboratoires d'analyse, là également, des femmes, laborantines, s'affairent autour de quelques abricots, figues ou raisins secs afin de vérifier s'il n'y a pas de trace de pesticides ou d'autres polluants, ou encore de moisissure. Mais effectivement, pas à un seul instant on ne voit d'enfant travailler ici. Le climat social semble très bon dans ces locaux. De plus, les conditions de travail, tant au niveau hygiène qu'au niveau organisation, paraissent excellentes.

A l'origine du fruit sec, le fruit frais :

Pour produire des fruits secs bio en Turquie, il faut évidemment produire des fruits frais biologiques. Nous nous rendons donc, les deux jours suivants, sur des lieux de production, afin de rencontrer les producteurs et les réalités du terrain. Cela n'est pas forcément très simple de produire bio en Turquie. Par exemple, les figuiers et surtout les vignes subissent en agriculture conventionnelle des traitements anti-parasitaires interdits en agriculture biologique. Il faut convaincre les agriculteurs turcs que ces traitements par des pesticides de synthèse ne sont pas indispensables si l'on applique des traitements naturels. En ce qui concerne les figuiers, Tunç Kolatan, responsable du projet figues de Rapunzel Turquie, nous explique qu'il faut faire attention à deux parasites : une mouche, qui pique la figue, et une araignée rouge. En agriculture biologique, la mouche se traite par le soufre, et l'araignée rouge par l'huile minérale. De plus, il faut développer des parcelles de culture en biologie sans risquer des contaminations par les pesticides de cultures proches non bio. Par exemple, nous avons pu visiter une vigne en bio, qui était éloignée de toute culture non bio grâce à des terrains volontairement non cultivés qui entouraient la parcelle plantée en vigne bio.

Ces zones non cultivées constituent une sorte de zone tampon protectrice vis-à-vis des cultures conventionnelles. De plus, elles sont le refuge d'oiseaux et d'insectes prédateurs, ce qui contribue à la protection des cultures de raisins bio vis-à-vis d'insectes parasites (ceci correspond d'ailleurs aux exigences de la réglementation Bio-Suisse, plus contraignante que la réglementation européenne, et en fonction de laquelle la plupart des fruits secs Rapunzel sont produits). Lors de notre visite, par chance, les paysans avaient oublié de ramasser quelques grappes, si bien que nous avons pu déguster du raisin sultanine frais, absolument délicieux, juteux, sucré, et sans pépins. Le rêve... Les figuiers bio, eux, sont situés dans des zones de montagne (autour de 800 à 1 000 mètres d'altitude, dans la région d'Aydin en Asie Mineure), dans lesquelles l'agriculture intensive n'est pas possible. Il est donc plus aisé de préserver les parcelles biologiques de toute infestation par des pesticides ou fongicides. En ce qui concerne les plantations de figuier de plaine, le problème est évidemment tout autre...

Dans tous les cas, les fruits frais sont récoltés de mi-août à mi-septembre environ, très mûrs, parfois à demi séchés sur l'arbre (exemple, les figues), ce qui permet ensuite de limiter le temps de séchage au sol (quelques jours seulement pour les figues, ce qui a étonné certains d'entre nous). La récolte se fait évidemment à la main. Ensuite, les fruits récoltés sont étalés sur des toiles étendues à même le sol et laissés à sécher ainsi. Les paysans d'Aydin, que nous avons rencontrés, eux, souhaitent maintenant faire sécher les figues sur des claies, car on peut déplacer l'ensemble très facilement en cas de nécessité. En ce qui concerne les raisins, l'agriculteur divise la grappe en petites grappes et laisse le raisin sécher de cette façon. Les morceaux de branches de grappes sont éliminés par la suite, comme nous l'avons vu, lors du tri mécanique avant conditionnement. Les figues sont, quant à elles, récoltées une à une et séchées étalées comme décrit précédemment. Fraîches, elles sont de grosse taille, à peau vert clair, très juteuses et sucrées à la fois. Au séchage, le sucre se caramélise peu à peu, ce qui rend le fruit particulièrement savoureux. Cela fait dire à Antonio, responsable du magasin Satoriz de Thonon-les-Bains, que cela " a été formidable d'aller sur place, que les figues sont les meilleures que j'ai jamais goûtées ". Dominique, de Biocoop Glacière (Paris), explique quant à lui que dans les magasins en France, on met bien en avant la qualité des produits bio turcs. Les paysans turcs ont apprécié.

Lors du séchage, il peut arriver qu'une pluie vienne perturber l'opération, mais cela est rare tout de même. En Asie Mineure, il pleut surtout d'octobre à avril, et donc bien en dehors des périodes de récoltes. Lorsque cela arrive cependant, alors le temps de séchage est tout simplement plus long. Mais une pluie intempestive peut également rendre le fruit impropre à la vente. Cela peut constituer une grosse perte pour l'agriculteur. Le travail est donc dur, mais cependant motivant car l'agriculteur peut revendre sa production plus cher qu'en production conventionnelle, et que le coût des intrants est un peu moindre qu'en conventionnel. Dans le cas des figues, la production est revendue 5 % plus cher seulement, mais le débouché est garanti et la certification bio est payée par Rapunzel.

Un village modèle, le village de Tekelioglu

Situé au cœur du pays des mille collines, région d'apparence dénudée, dont les collines nombreuses sont en fait constituées par d'anciennes tombes tumuliformes, et non loin du lac de Marmara Golü, le village de Tekelioglu est un petit bourg agricole de quelques centaines d'habitants, qui compte environ 80 exploitations en agriculture biologique, soit près de 80 % des exploitations du village. Au centre, un café constitue le lieu de vie du village. Nous y sommes accueillis par tout le village pour un thé de l'amitié. Le maire du village nous remercie chaleureusement pour notre visite et nous explique que ses administrés sont très heureux de s'être convertis à l'agriculture biologique. Malgré la barrière de la langue, nous communiquons, on sent une grande sympathie entre les villageois et nous même.

Tout autour du village, ce n'est pratiquement que champs en agriculture biologique. Sésame, pois chiche, câpres, coton, raisins sultanines y sont cultivés pour la vente, tandis que le blé, le maïs et le tournesol sont cultivés pour la consommation locale. Au fond, on peut apercevoir le lac, et sa grande étendue bleue aux rives d'un beau vert profond. Presque tous les agriculteurs ont été convaincus par l'agriculture biologique, mais il a fallu du temps et de la persévérance. Le premier à y croire vraiment était le maire du village, mais les agriculteurs locaux ne croyaient pas possible la pratique agricole sans pesticides. Une fois convaincus par les parcelles de démonstration cultivées par Rapunzel, il a fallu leur dispenser une formation technique. Rapunzel Turquie offre d'ailleurs aux agriculteurs du village un suivi technique régulier, dans les locaux d'Ören.

Les nouveaux convertis en bio ne regrettent vraiment rien, car ils vivent mieux et revendent mieux leur production, qui s'est en outre beaucoup diversifiée suite aux rotations de cultures nécessaires en agrobiologie. De plus, l'abandon des pesticides et autres traitements de synthèse a fait revenir des poissons dans le lac, si bien que le village a pu redévelopper une activité de pêche, en sommeil depuis quelques années suite à la raréfaction du poisson. La culture la plus importante du village est celle du sésame. C'est d'ailleurs la culture traditionnelle de cette région des mille collines. Le sésame est récolté en août, puis les fruits (des siliques) sont battus afin d'en extraire la graine. Les graines sont ensuite tamisées au vent, ce qui permet d'éliminer des particules de plante sèche non consommable. Là encore, le travail est difficile, souvent physique, mais gratifiant au bout du compte car les récoltes sont achetées à bon prix, et les frais d'intrants sont moindres. Les agriculteurs semblent d'ailleurs heureux de leurs choix de conversion, la meilleure preuve étant l'accueil qui nous a été réservé, ainsi que la fête que nous avons pu partager le soir tous ensemble au bord du lac, producteurs et ingénieurs turcs, représentants de Rapunzel France et représentants de la filière bio française. Repas de poulet rôti, d'aubergines frites, de brochettes de toute sorte, le tout arrosé généreusement de vin turc, de raki ou de bière locale. Une sono est arrivée d'Izmir, avec disques de musiques locales particulièrement dansantes, ainsi qu'une danseuse du ventre, dont certains d'entre nous se sont longtemps rappelés le parfum, et un tout jeune chanteur d'à peine sept ans, et déjà crooner dans l'âme.

Les villageois ont même accueilli certains d'entre nous durant la nuit. Selon les dires de ceux qui ont voulu dormi au village, l'accueil a été chaleureux, et le petit déjeuner du matin copieux, même si le confort a pu paraître un peu rudimentaire (chez certains des hôtes, pas d'eau courante, pas de possibilité de se raser, etc.). Les plus privilégiés sont ceux qui ont dormi chez le maire du village.

La bio en Turquie, un avenir prometteur

Inévitablement, la filière bio commence à rencontrer un écho également chez le consommateur. Il existe près d'une centaine de magasins bio en Turquie, principalement dans les grandes villes, mais nous avons pu constater aussi que des produits bio étaient vendus dans les aéroports d'Izmir et d'Istanbul ! Par ailleurs, certains supermarchés classiques ont intégré des rayons en bio assez importants. La consommation de produits bio en Turquie, même si elle reste marginale, commence donc à se développer. En général, le consommateur turc se tourne vers le bio lorsqu'il connaît une maladie grave, un cancer par exemple. La production bio turque se développe, mais elle surtout est destinée à l'exportation. En fait, environ 5% de la production de Rapunzel Turquie est destinée à la consommation intérieure, le restant étant exporté principalement en Allemagne, en France, en Suisse, et même un peu aux Etats Unis.

En parallèle, le nombre de producteurs bio en Turquie s'accroît d'année en année. Il existe même une formation universitaire d'ingénieur en agriculture biologique à Izmir. La société Rapunzel est l'une de celles qui favorisent le plus le développement du bio dans ce pays. Il existe également d'autres acteurs occidentaux, notamment en France, mais Rapunzel Turquie est la seule société de droit turc à produire uniquement en bio. Laissons le mot de la fin à Didier, de la société Caro : " Désormais, lorsque je mangerai des fruits secs bio, je les apprécierai d'autant plus que je sais comment et par qui ils ont été produits ". Il est vrai que la quarantaine de participants à ce voyage ont tous été frappés par le sérieux et la gentillesse des producteurs Turcs, ainsi que par les saveurs des fruits secs qu'ils produisent.

Alain Tardif.

Appendices :

Le projet Rapunzel Turquie, une déjà longue histoire

C'est en 1986 qu'a démarré la production biologique de figues, de raisins et de noisettes en Turquie. Ces productions étaient à l'époque destinées à l'exportation vers l'Allemagne, où se trouve basée la société mère Rapunzel. En 1989, le projet Turquie de Rapunzel ne comptait que 24 producteurs, pour 3 types de produits. C'est à cette période que le premier projet village prendra forme à Tekelioglu, non loin d'Izmir, puis en 1991, que Rapunzel s'investira beaucoup plus encore, en créant un bureau de consultation. Sous l'impulsion d'agronomes turcs (et en premier lieu Atila Ertem), de la société Rapunzel, ainsi que du maire de Tekelioglu, qui à l'époque avait su convaincre certains agriculteurs de sa commune pour convertir leur exploitation en bio, le premier projet village verra son succès grandissant. Cela avait dû passer cependant par la mise en culture de parcelles de démonstration, sous l'entière responsabilité de la société Rapunzel, afin de convaincre les agriculteurs locaux de se convertir à l'agriculture biologique. En 1997, Rapunzel a créé une filiale, basée à Ören (banlieue d'Izmir) et dont Atila Ertem est l'un des gérants, Rapunzel Organik. Cette société de droit turc assure toutes les fonctions de développement, de production, de stockage, de conditionnement et d'exportation. Aujourd'hui, le projet Turquie de Rapunzel, c'est 5 000 hectares cultivés en biologie, 700 agriculteurs bio, et 20 types de productions (figues, raisins, pommes, noisettes, poires, pignons, coton, sésame, abricots, noix, tomates, pois chiche, câpres, pistaches, lin, graines de pavot, parmi les principales). Que de chemin ainsi parcouru...

Les fruits secs, du tri au conditionnement :

Tout d'abord, les cagettes de fruits secs acceptés après contrôle franchissent un rideau de vent, qui empêche les insectes d'entrer dans les locaux. Après pesage des palettes de fruits secs, ceux ci sont entreposés dans une chambre froide entre 0 et 5°C. Ces fruits secs subissent ensuite ce qu'on appelle le "chock freezing" qui dure de 12 à 16 heures environ. Cela consiste à plonger les fruits secs dans un milieu très froid, de manière à ce que leur température à cœur atteigne - 22°C (température contrôlée par des capteurs). Les fruits sont alors maintenus à cette température pendant 4 heures, ce qui suffit à tuer les éventuels œufs d'insectes pondus lors de la phase de séchage. Les fruits secs ne sont donc pas gazés au bromure de méthyle, contrairement à ce qui se fait dans des productions non biologiques. Les abricots sont ensuite entreposés dans une chambre froide à 4°C, prêts pour l'exportation. Quant aux figues, elles franchissent une étape supplémentaire destinée à éliminer les échantillons infestés par l'aflatoxine, sorte de toxine sécrétée par un champignon de type moisissure, et considérée comme cancérigène. Après le tri, figues et abricots sont alors dirigés vers les lieux de conditionnement. Ils peuvent être soit coupés en petits morceaux, pour les mueslis par exemple, soit assemblés en barquettes, pour la vente en magasin.

Les raisins secs, quant à eux, sont triés par dépoussiérage, puis par lavage à l'eau en cascade, ce qui élimine aussi une grande partie des pierres et petits cailloux, qui sont plus lourds en principe. Ensuite, les raisins secs sont huilés à l'huile de tournesol bio, pour éviter qu'ils ne collent. Puis ils passent par un scanner, qui détecte tout ce qui n'est pas un grain de raisin. Ce qui est ainsi détecté comme indésirable est alors chassé avec un jet d'air automatique très puissant et très localisé. Puis encore une autre étape de tri, mais cette fois par des employées, qui, de leurs mains gantées, prennent des poignées de raisins secs, et les jettent en pluie sur une tablette de plastique. Toute pierre fera en retombant un bruit différent des raisins secs et ainsi, l'employée répétera jusqu'à trois fois le tri de façon à ce que le consommateur ne puisse pas connaître le désagrément du petit caillou sous la dent... Enfin, emballage avec encore un contrôle visuel, puis passage au détecteur de métaux, ultime précaution qui rend la consommation de raisins sultanines un véritable plaisir...

l'article peut être lu dans son intégralité dans le n° 108 de Biocontact