Confédération Paysanne

Provence-Alpes-Côte-d’Azur

 

Syndicat pour une agriculture paysanne et la défense de ses travailleurs[1]

 

 

Lettre ouverte à l’attention du ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau, de Monsieur le secrétaire d’Etat  Nicolas Forissier, ainsi qu’aux députés et Sénateurs de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

 

 

                        Mesdames, Messieurs

 

Messieurs les ministres de l’Agriculture et de l’Alimentation sont en visite dans la région Provence Alpes Côte d’Azur ces 4 et 5 avril 2005 afin de prendre le pouls de l’agriculture régionale.

 

Soyons direct, l’agriculture, mais plutôt beaucoup d’agricultrices et d’ agriculteurs de la région vont mal, si mal que beaucoup n’ont plus la force de réagir avec toute la vigueur que mériterait la situation et sont dégoûtés du métier.

 

Voilà que se met en place la nouvelle Politique Agricole « Commune » qui balaie ce qui pouvait rester du sens paysan de la solidarité. Qu’on en juge à la mesure phare du dispositif, c'est-à-dire le découplage des aides directes versées par la collectivité : chaque agriculteur recevra pour les années à venir le montant qu’il recevait en 2000-2001-2002 quelles que soient les productions effectuées et même en l’absence de production réelle (si la terre est gardée en bon état !!!!)

 

Nous avons déjà dénoncé l’incroyable complexité du système, le mépris affiché des agriculteurs soumis à la menace de contrôles avant même qu’on leur ait expliqué le nouveau  système de soutien et l’injustice d’une répartition où « plus tu touchais, plus tu toucheras », au détriment des agricultures biologiques, fermières  ou durables, qui n’ont jamais participé à la course aux primes.

 

Voilà que ce  DROIT à PAIEMENT UNIQUE (DPU) devient « propriété » de l’exploitant qui en bénéficie et fera partie du FOND Agricole, création  essentielle de la loi d’orientation agricole annoncée à l’occasion du congrès de la FNSEA.

Cet argent,  versés aux agriculteurs par la société, c'est-à-dire  par les contribuables, en compensation de la chute dramatique des prix instaurée par décision politique lors de la PAC précédente en 1992, deviendrait UN BIEN MARCHAND pour les quelques entrepreneurs agricoles qui survivront à ce système.

 

Comment peut-on tolérer un tel scandale ? Comment peut-on DONNER cette RENTE issue de la collectivité et en faire un bien marchand sans que celle-ci ait le moindre mot à dire sur l’agriculture et l’alimentation qu’elle souhaite soutenir ?

 

Voilà que nous apprenons en outre que le gouvernement a l’intention de faire adopter la loi d’orientation agricole à marche forcée et sans tenir compte des débats tenus dans toutes les régions l’automne passé : alors que la loi n’est pas encore rédigée, le brouillon doit être présenté incessamment au Comité Economique et Social pour avis (!), présentée au conseil des ministres mi mai, pour être et adopté par l’assemblée nationale et finalisée par voie d’ordonnances avant l’été.

 

Dans la situation gravissime que traverse l’agriculture et le monde rural, ce procédé qui escamote un débat indispensable est une insulte aux paysans et aux parlementaires  chargés de représenter les citoyens de leur région!

 

LA CONFEDERATION PAYSANNE DEMANDE AU GOUVERNEMENT D’APPLIQUER UN MORATOIRE SUR LA MISE EN ŒUVRE D’UNE POLITIQUE AGRICOLE ABSURDE ET INJUSTE , ET D’ORGANISER UN VRAI DEBAT SUR LA LOI D’ORIENTATION AGRICOLE.

NOUS COMPTONS SUR NOS ELUS POUR EXIGER CET INDISPENSABLE DEBAT .

 

 

Les Confédérations Paysannes de la Région Provence Alpes Côte d’Azur

Le 4 avril 2005

 

 

 

Contacts:

Geneviève Savigny secrétaire régionale: 06 10 98 74 19

Christophe Batx animateur régional: 04 92 34 72 94



[1] Siège social : Le Village - 04510 Le Chaffaut. Tel/fax : 04.92.34.72.94. Mél : cp-paca@wanadoo.fr