| 21-10-02 SEMENCES INDEMNES D’OGM Communiqué de presse Le libre choix des agriculteurs et des consommateurs doit être respecté ! Le Comité Permanent sur le Semences (Standing Committee on Seeds) de l’Union Européenne auquel siègent les représentants des ministres de l’Agriculture régionaux doit se prononcer sur un projet de Directive de la Commission Européenne concernant la présence de semences génétiquement modifiées dans les variétés conventionnelles (SANCO/1542/02 juillet 2002). Le vote est prévu pour cet automne. Ce projet de directive prévoit de fixer les seuils de contamination par des OGM comme suit : 0,3% pour les semences de colza, de maïs et de betteraves, 0,5% pour les tomates et les pommes de terre, 0,7% pour le soja. En dessous de ces niveaux de contamination, la présence d’OGM dans les semences conventionnelles ne devrait pas être renseignée aux utilisateurs. Banaliser les OGM par le biais des semences ! Pratiquement si cette directive est adoptée, tous les lots de semences pourront contenir de 0,3% à 0,7% d’OGM, sans que cette présence soit notifiée sur l’étiquette ! L’agriculteur disséminera donc des OGM à son insu. Ce sera, à ce jour, la plus grande dissémination organisée d’Organismes Génétiquement Modifiés ! Nature & Progrès s’insurge évidemment contre cette dissémination organisée qui, à terme, contaminera la filière bio ! Celle-ci, faut-il encore le rappeler, se définit comme complètement exempte d’OGM. C’est donc la mort du bio que programme ce projet de Directive ! Notre position est motivée par le fait que : - si la filière bio serait la première à être touchée de plein fouet par la pollution OGM, ce ne serait là qu’un signe avant-coureur pour l’ensemble de notre agriculture qui, à terme, subirait lourdement les effets de la pollution par les OGM. Un rapport européen récent est tout à fait explicite (il est disponible sur simple demande chez Nature & Progrès), - notre production agricole est actuellement pratiquement indemne d’OGM ; accroître la tolérance OGM n’aurait donc, pour seul effet, que de favoriser l’entrée de produits importés et de précariser la position de nos producteurs, - l’adoption d’un seuil de tolérance supérieur au seuil de détection quantitatif est illusoire et d’ailleurs purement arbitraire car, une fois la pollution tolérée et installée, il faudra sans cesse relever ce seuil puisque la nature irréversible de la pollution par les OGM ne pourra l’amener qu’à augmenter, - la contamination des semences rendrait impossible, interdirait à l’agriculteur l’utilisation de ses propres semences, ce sera la fin des semences fermières. - la contamination des semences entraînerait la pollution de la chaîne alimentaire, le viol de l’espace intime de nos assiettes, ce que, évidemment, le consommateur refuse clairement ; - garantir la liberté de choix des agriculteurs et des consommateurs est, à nos yeux, le premier devoir des pouvoirs publics, - d’autres pays européens ont adopté une position plus courageuse que nous : l’Autriche a adopté une loi (21 décembre 2001) reprenant le seuil « zéro » (défini par la limite de quantification actuellement fixée à 0,1%). L’Italie compte également adopter le seuil « zéro ». Le seuil « zéro » est le seul qui soit réaliste ! Les firmes de semences (la firme Pioneer notamment) proposent déjà des semences garanties sans OGM au seuil quantitatif de détection (0,1%), - Bio = non OGM ! C’est bien cela qu’on veut anéantir ! Si les consommateurs réclament des produits bio, c’est notamment parce qu’ils reconnaissent en eux des aliments strictement garantis sans OGM. Toute tolérance à l’égard d’OGM mettrait donc gravement en péril la commercialisation de ces produits et programmerait leur disparition, - l'agriculture biologique fait partie intégrante du paysage agricole wallon : le CAWA lui a fixé un objectif de développement de 4% en 2004. Le Gouvernement Wallon doit, à présent, être cohérent et doit absolument adopter le seuil « zéro », le seul qui puisse garantir un avenir à l’agriculture biologique. Nature & Progrès demande donc que la Belgique défende, lors de la prochaine réunion du Comité Permanent sur les Semences, le principe d’un seuil de contamination par les OGM établi au seuil quantitatif de détection (actuellement 0,1%). C’est la seule possibilité de garantir une agriculture libre et indemne d’OGM. Pour quelle raison les agriculteurs et les consommateurs devraient ils accepter A LEUR INSU des produits contenant des OGM ? Pour toute information complémentaire : Nature & Progrès asbl - Marc Fichers 520 rue de Dave – B-5100 Jambes Tél. : 081/30 36 90 - Fax : 081/31 03 06 natpro@skynet.be - www.natpro.be Paul Mathieu Marc Fichers Vice-Président service consommation-production |