| 06-11-02 Petits prédateurs, attention danger ! La Ministre de l'écologie va-t-elle prendre une décision partisane contre les petits prédateurs ? Depuis quelques mois, et un arrêté du précédent Ministre, le Putois, la Martre et la Belette ne sont plus des espèces classées parmi les espèces dites nuisibles. Elles ne peuvent donc plus être piégées toute l'année. Elles ne sont pas pour autant protégées puisqu'elles figurent toujours sur la liste des espèces autorisées à la chasse de septembre à février. Le Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage étudiera le 6 novembre un projet d’arrêté de Madame Bachelot classant de nouveau ces trois espèces sur la liste des nuisibles. Quelle justification à cela ? -Le rôle de ces prédateurs qui limitent les populations de petits rongeurs est très positif au point que c'est l'absence de prédation qui deviendrait un problème. Les pullulation cycliques, par exemple de campagnols, pouvant être un fléau pour l'économie rurale. -Concernant les dégâts que causeraient ces espèces à des intérêts économiques, ils sont à démontrer ! La Martre ne s'approchant pas des habitations humaines, les captures de volailles domestiques ne peuvent être qu'exceptionnelles et ne figurent d'ailleurs pas dans l'énumération des proies établies lors des travaux de recherche scientifique. La Belette ne se nourrit que de petits rongeurs. Quant au Putois, un animal qui élimine des espèces à problèmes telles les rats d'égout devrait suffire à le classer parmi les espèces protégées ! D'autant que, dans le cas de poulailler familiaux il est aisé de trouver une parade à ces rares incursions. Le Tribunal Administratif d'Orléans, saisi par le ROC, a en 2001, mis en évidence les insuffisances de preuve de ces soi-disant dégâts. Alors Madame Bachelot ferait fi : - des réalités scientifiques puisque la prédation est utile. - des réalités économiques puisque les dégâts sont marginaux. - du principe de précaution, puisque ces espèces sont en mauvais état de conservation ou ont un statut mal connu. Et cela pour faire plaisir à certains chasseurs et aux piégeurs qui n’ont pas compris la logique de la prédation et qui surtout ne supportent pas que cette prédation s'exerce aussi sur des animaux lâchés la veille d'une chasse ! La décision de la ministre de l'écologie et du développement durable n'est pas encore prise. Il y a encore lieu d'espérer car nous croyons que le bon sens peut l'emporter. Madame Bachelot a dit son opposition au poison dans la lutte contre les rongeurs causant des dégâts, elle a raison! Mais alors la cohérence voudrait qu'elle défende tous les petits prédateurs pour services rendus et pour les services qu'ils rendront... ROC- Président Hubert Reeves contact : CHRISTOPHE AUBEL roc-paris@roc.asso.fr 26 rue Pascal 75005 Paris Tel : 0143360472 |