12-10-02

Pollution et automobile : quand les professionnels désinforment

Réseau-Action-Climat France, France Nature Environnement, Les Amis de la Terre, Comité de Liaison des Energies Renouvelables, WWF France

Communiqué de presse
Montreuil, le 8 octobre 2002

Pollution et automobile : quand les professionnels désinforment

La voiture propre ? C'est déjà fait, si l'on en croit le " quotidien du mondial ". L'éphémère quotidien affirme sans gêne dans les éditions du 30 septembre et du 3 octobre qu'aujourd 'hui, " au niveau des véhicules neufs, les constructeurs d'automobiles estiment que la pollution est un problème quasiment réglé. ". L'article mentionne de nombreux polluants, mais évite soigneusement de parler de celui qui inquiète le plus aujourd'hui, le CO2, dont l'augmentation, chaque année, participe au dérèglement général du climat.

Les constructeurs automobiles vantent leur accord volontaire européen de l'ACEA*, qui prévoit l'instauration d'une réduction des émissions de 186 à 140 g/km pour les véhicules neufs, entre 1995 et 2008**. A 164 g/km en 2001, cet accord peut encore être respecté. Il ne suffira pourtant pas à faire de l'automobile un transport non polluant car, malgré les progrès réalisés sur chaque véhicule, deux tendances s'y opposent : l'augmentation constante du parc automobile, des déplacements*** et le rallongement des distances, ainsi que l'augmentation de la puissance des véhicules, des équipements de confort et de sécurité et donc de la masse unitaire, qui atténue fortement les progrès accomplis sur les motorisations et les carburants.

Au premier argument, les constructeurs pourraient prétendre ne pas être responsables. On se rappellera seulement une publicité de Renault datant de l'hiver dernier où un couple fait 127 km pour acheter ses croissants ! Cette réclame offrait 40.000 km de carburant pour l'achat d'un véhicule Diesel TDI. Ces 40.000 km représentent environ un an d'émissions de gaz à effet de serre d'un Français. Quant aux accessoires, l'exemple le plus criant est certainement celui de la climatisation automobile. Encore inexistant il y a 10 ans, cet accessoire est désormais vendu pour l'euro symbolique quand il n'est pas monté en série. Il génère une pollution de gaz à effet de serre de 2 ordres : en émissions de CO2, par alourdissement du véhicule et consommation d'énergie pour la production de froid ; et par émission de fluides frigorigènes. D'après Sylvain Godinot, du Réseau Action Climat France " La climatisation crée ainsi une surconsommation annuelle totale de 22,5%**** , ce qui revient à dire qu'elle annule quasiment à elle seule l'objectif de l'accord ACEA ".

Ainsi, les constructeurs automobiles investissent dans des moteurs plus propres, mais entretiennent paradoxalement une confusion volontaire entre les types de pollution et dépensent des fortunes publicitaires pour des véhicules surpuissants et climatisés.

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*. En 1998, l'UE avait commencé la négociation de l'accord de l'Association des Constructeurs Européens d'Automobile (ACEA) en proposant un objectif de 120 g/km en 2005 !
**. soit une réduction de 25% en 13 ans.
***. +20% entre 90 et 2000 en passagers.km, +30% en tonnes.km.Chiffres ACEA, www.acea.be
****. cahiers du CLIP, "parc automobile et effet de serre", N°12, mars 2001. La surconsommation est estimée à 7% en moyenne anuelle ; un tiers de la masse de frigorigène est perdue par an dans un circuit classique, soit l'équivalent de 420 kg de CO2, ou une surconsommation de 15,5%.

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Contacts : Sylvain Godinot, administrateur du RAC-F, sylvain@rac-f.org ou Sabine Rabourdin, responsable communication du RAC-F, sabine@rac-f.org. Le Réseau-Action-Climat France (www.rac-f.org), réseau d'associations contre le changement climatique, regroupe les principales associations françaises de défense de l'environnement, de transports alternatifs, et de groupes spécialisés sur les énergies renouvelables.
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