Communiqué de presse
Mardi 18 février 2002
« L’autre Sommet pour
l’Afrique » - 19 et 20 Février
Les Amis de la terre participeront à "Un autre sommet pour
l'Afrique" organisé par Survie et Agir Ici, qui se tiendra en contrepoint
du Sommet
France-Afrique. Les Amis de
la Terre interviendront le mercredi 19 février à 16h30 dans le cadre de la table ronde « L’Afrique livrée
aux multinationales : du pillage au chaos ».
Bois tropicaux : les entreprises dans l’illégalité
Un « autre
sommet pour l’Afrique » sera pour les Amis de la Terre l’occasion de
lancer leur nouvelle campagne : « Déforestation
durable ? : l’Agence française de Développement et l’exploitation des
forêts africaines ». Aujourd’hui, l’Agence française de Développement
(AfD) catalyse les investissement dans le secteur forestier dans le bassin du
Congo en octroyant des prêts à taux bonifiés à des sociétés forestières pour
financer des opérations de « gestion durable des forêts ». Force est
de constater que la majorité des sociétés forestières auxquelles l’AfD octroie
des prêts appartiennent à des groupes impliqués dans l’exploitation illégale
des forêts. La campagne vise donc à dénoncer le manque de règles claires au sein
de l’AfD permettant de guider son attitude vis-à-vis des opérateurs privés.
Un point sera fait sur l’avancée de la plainte déposée en 2002 par
7 agriculteurs camerounais à l’encontre des dirigeants
de la société SFID, société de droit camerounais, et de sa maison mère la
société ROUGIER SA devant les tribunaux français. Cette plainte, pour laquelle
les Amis de la Terre se sont portés partie civile, constitue une première. Elle
a vocation à démontrer que l’extraterritorialité dans laquelle agissent les multinationales
n’est pas la garantie systématique de l’impunité.
Pétrole : la
Banque mondiale soutient des multinationales au détriment des populations
Le projet d’oléoduc Tchad-Cameroun financé par la
Banque mondiale représente le plus gros investissement privé en Afrique. Avant
même que le consortium de compagnies pétrolières piloté par Exxon Mobil ait
achevé la construction de l’oléoduc, le projet présenté par la Banque mondiale
comme un nouveau modèle de développement pour l’Afrique a engendré des problèmes
graves pour les populations locales. Alors que des Tchadiens avaient déposé une
plainte contre le projet en 2001, des Camerounais ont à leur tour déposé une
plainte auprès du panel d’inspection de la Banque mondiale avec l’appui des
Amis de la Terre Cameroun fin 2002. La plainte qui accuse la Banque mondiale
de violer ses propres directives a été jugée recevable et l’enquête est en
cours. Les chefs d’accusations sont relatifs, notamment, à des
compensations d’expropriation inadéquates, à la destruction de points d’eau
potable, à la violation du droit du travail et à l’absence de mesures pour
lutter contre l’épidémie de sida aggravée par le développement de la
prostitution sur le tracé de l’oléoduc. La plainte est pour les plaignants
l’espérance de voir identifiés et poursuivis les responsables des infractions.
Susanne Breitkopf des Amis de la Terre affirme
« Les promesses aux citoyens tchadiens et camerounais ont été grandes mais
pour le moment, les seuls bénéficiaires restent les compagnies pétrolières, qui
ont besoin de l’appui de la Banque mondiale pour minimiser les risques et
financiers auxquels elles s’exposent en investissant dans des pays africains
instables ».
Les documents de campagne « Déforestation
durable ? » et le rapport sur l’oléoduc Tchad-Cameroun « Appel à
la responsabilité » seront disponibles à l’autre sommet pour
l’Afrique, ou auprès des Amis de la Terre.
Contacts :
Forêts : Frédéric Castell –
01 48 51 18 94 ou 06 63 14 23 89
Pétrole : Susanne Breitkopf – 01 48 51 18 95 ou 06 77 77 58 68