09-01-03

950 paysans bio canadiens menacés de faillite par les OGM

Et pour la France, la bio ou les OGM ?

Uzès, le 9 janvier 03 - Des paysans du Saskatchewan (Canada Nord-Ouest), certifiés en agriculture biologique, ont vu leurs récoltes de colza refusées en bio car contaminées par des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les contaminations proviennent de cultures sur semences OGM produites par les firmes multinationales Monsanto et Bayer, et implantées parfois assez loin des parcelles bio. Les 950 paysans touchés entament évidemment des procédures judiciaires contre Bayer et Monsanto, leurs pertes totales étant estimées à plus de 14 millions de dollars !

Les fermes de certains risquent la faillite, leur production devenant invendable en bio. Mais le plus grave reste à venir puisque le blé OGM risque d'être introduit prochainement au Canada, ce qui condamnerait définitivement cette culture en bio, et entraînerait la disparition de milliers de paysans bio canadiens. Percy Schmeiser, un paysan canadien qui n’a jamais semé que ses propres graines et n’a jamais acheté d’OGM, a été condamné parce que ses champs ont été contaminés par les OGM de Monsanto et qu’il a refusé de payer les royalties réclamées pour usage illicite de gènes brevetés. Cette condamnation l’a conduit à la faillite.

A l’heure où l’Europe est en passe de se doter d’une législation sur l’étiquetage et la traçabilité des OGM, ces outils paraissent bien dérisoires pour éviter de telles contaminations. Ils ne justifient pour l’instant pas la levée du moratoire envisagée pour la fin de l’année selon Mme Bachelot. Aucun texte en effet ne prévoit de responsabiliser les firmes quant aux dégâts que les OGM pourraient occasionner, et occasionnent déjà. Le fait est que si ces multinationales devaient engager leur responsabilité sur les effets (méfaits ?) non encore connus des OGM sur l’ensemble de la planète, ils réfléchiraient davantage avant de vouloir les disséminer. Même les assureurs ont refusé de les garantir contre ce risque !

René de Paulis, administrateur de la fédération internationale d’agriculture biologique Nature & Progrès, s’interroge : « Si les firmes qui les commercialisent sont tellement sûres de l’innocuité des organismes génétiquement modifiés, pourquoi refusent-elles de prendre leurs responsabilités comme elles savent prendre leurs dividendes ? ». « Nous soutenons les paysans bio canadiens. S’ils venaient à perdre leur procès, plus rien n’arrêtera l’appétit des multinationales qui confisqueront définitivement le droit des peuples à une alimentation saine et autonome ».

Cette affaire montre à quel point se justifie la lutte contre les OGM et les raisons qui la motivent : - Raison contre les affirmations des multinationales productrices de semences OGM, comme de certains responsables d'organismes publics français tels l'INRA ou le CIRAD, qui s'entêtent à soutenir que les cultures de plantes transgéniques ne risquent pas de contaminer l'environnement
- Raison de demander l'interdiction des cultures OGM en plein champ, la contamination, y compris lointaine, étant confirmée par le triste exemple canadien.
- Raison de lutter contre les implantations OGM de plein champ, y compris par leur destruction.

Comme nous ne voulons pas que l'agriculture biologique disparaisse en France et en Europe à cause des cultures transgéniques ; Comme nous ne voulons pas d'un avenir où la variété du vivant serait réduite à quelques espèces, elles-mêmes soumises aux caprices et aux désirs de profit des quelques multinationales, nous intensifierons la lutte contre les OGM, avec l'ensemble des organisations qui y participent déjà. Car entre la bio ou les OGM, il faut choisir ! S’ils devaient être consultés sur cet ultimatum, nous ne doutons pas du choix que feraient les consommateurs. Mais précisément, sont-ils encore maîtres de leurs choix ?

Contacts presse :
Pour Nature & Progrès, René de Paulis, administrateur , tel. 02 96 88 10 60
ou Arlette Harrouch, directrice tel. 04 66 03 23 43
Contact pour les fermiers bio canadiens :
Fond de Protection de l’ Agriculture Biologique (FPAB) : Arnold Taylor, (306)252-2783 or (306)241-6125

Nature & Progrès, 68 bd Gambetta, 30700 Uzès Tél. : 04-66-03-23-40 – Fax : 04-66-03-23-41
Email : nature.et.progres@wanadoo.fr