16-01-04

L’agriculture biologique : une sécurité face aux aléas climatiques

D’après une étude parue récemment aux Etats-Unis, les systèmes agricoles biologiques sont plus performants que les systèmes conventionnel lors de périodes de sécheresse ou d’inondation.

Pour la Fédération nationale d’agriculture biologique des régions de France, les avantages mis en avant par les promoteurs de l’agriculture biologique (meilleure stabilité des sols, meilleure autonomie de l'agriculteur face aux aléas, meilleure adaptation aux conditions du milieu) se trouvent une nouvelle fois confirmés. Les premiers retours des régions françaises après la sécheresse de l’été dernier vont dans le même sens.

A une période où l’effet de serre conduit à la multiplication des aléas climatiques (rupture d’équilibre), l’agriculture biologique apparaît bel et bien comme une agriculture performante et offrant une plus grande sécurité pour le producteur.

L’Institute of Science in Society (USA) vient de publier les résultats d’une étude de longue haleine menée aux Etats-Unis depuis 1981 par le Rodale Institute(1) de Pennsylvanie Depuis 23 ans, cet institut compare les résultats de trois types de parcelles : rotation biologique courte, rotation biologique longue, rotation conventionnelle (agriculture chimique habituelle).

Durant les 5 années de sécheresse rencontrées depuis le lancement de l’étude, les systèmes biologiques ont obtenu dans la grande majorité des cas des rendements supérieurs à ceux des systèmes conventionnels. Par ailleurs, l’année 1999 a été marquée en Pennsylvanie par la succession d’une sécheresse estivale et de pluies torrentielles en septembre. Les résultats sont sans appel, avec des rendements supérieurs dans toutes les parcelles biologiques (à l’exception d’une seule).

Cette situation de stress extrême a été particulièrement suivie par l’institut (mesure régulière de la biomasse, de la couverture du sol, de la dynamique de l’eau en surface et en profondeur...). Selon les mesures effectuées, les résultats semblent dus en particulier à une meilleure structure du sol, de meilleures capacités de rétention d’eau et une meilleure activité biologique des sols en agriculture biologique.

Les conclusions de cette étude appellent bien évidemment un approfondissement. En particulier, il conviendrait d’analyser précisément les effets de la sécheresse subie en France en 2003 : les premiers résultats obtenus auprès des producteurs adhérents à la FNAB, bien que statistiquement non exploitables, indiquent une baisse de rendement bien plus limitée pour les cultures biologiques que pour les cultures conventionnelles. Ce premier aperçu semble bien en adéquation avec les résultats du Rodale Institute.

Le 13 janvier 2004.

Contact presse : Jacques Caplat ou Vincent Perrot – 01.43.38.38.69

(1) www.i-sis.org.uk/OrganicOutperforms.php