| 29-10-04 CONSTITUTION EUROPEENNE : IL N’Y A PAS DE QUOI PAVOISER COMMUNIQUE DU 29/11/04 Aujourd’hui se signe à Rome le « traité établissant une Constitution pour l’Europe. » Ce traité consacre la fin du projet européen en tant que construction d’un modèle de société original où la solidarité s’organise dans la liberté. Avec cette Constitution, c’est un autre projet qui s’impose et supplante celui rêvé dans les années cinquante qu’avait refusé alors la Grande-Bretagne et ses alliés : celui d’une vaste zone de libre-échange où le rôle des pouvoirs publics est réduit à des activités de sécurité et de défense. La Constitution adoptée ce jour consacre la victoire britannique et conduit à une zone euroaméricaine où prévaudra le chacun pour soi. A l’inverse d’une quinzaine de Constitutions nationales, la Constitution européenne, qui fait choix de refuser l’adhésion de l’Union européenne à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ignore le droit au logement, le droit à un minimum d’existence, le droit au travail, le droit à un salaire minimum garanti, le droit à une allocation de chômage, le droit à une pension de retraite. A l’inverse d’une dizaine de Constitutions nationales, la Constitution européenne ne reconnaît pas l’existence des services publics, organismes publics remplissant des missions de nature à garantir l’égalité de toutes et tous à un certain nombre de droits fondamentaux et ignorant à cette fin les règles de la concurrence et la logique du profit. Si la Constitution signée aujourd’hui devait devenir une réalité au terme de la procédure de ratification, plus rien ne pourra, en Europe, arrêter la déferlante néolibérale dont les accords gérés par l’OMC sont la traduction juridique. Raoul Marc JENNAR Chercheur Signataire de l’Appel des 200 Auteur de « Europe, la trahison des élites » (Fayard, 2004) raoul.jennar@wanadoo.fr |