11-10-04

Quand une lueur d’humanisme s’éteint...

COMMUNIQUE DU CRAC

Le 10 juillet 2003, Jacques Derrida nous écrivait : « ...J’ai une telle sympathie pour la cause que vous défendez que j’accepte volontiers de devenir le président d’honneur de votre mouvement...»

Et il nous précisait alors que sa santé ne lui permettrait pas d’être aussi actif auprès de nous qu’Albert Jacquard, également président d’honneur du Comité Radicalement Anti Corrida.

Le créateur du concept de « déconstruction » suivait de près nos actions et écrivait le 3 août 2003, peu avant notre première campagne d’affichage pour dénoncer la barbarie tauromachique : « ... Les documents que vous m’envoyez sont extraordinaires, et si c’était nécessaire, plus que probants... »

Enfin, le 24 décembre 2003, il écrivait à Thierry Hély, vice-président du CRAC : « Je suis très impressionné par le travail que fait « notre » comité. Permettez-moi de vous féliciter, vous-même et toute l’équipe du CRAC. Votre tableau « Pourquoi » est constamment devant mes yeux... »

A l’heure où 12 villes de Catalogne espagnole se sont déclarées anti-corrida, à commencer par la capitale Barcelone, à l’heure où des corridas sont annulées en Espagne pour non respect de la législation sur la protection de l’enfance, à l’heure où Mme Marland-Militello, soutenue par 42 députés (et ce n’est qu’un début) dépose une proposition de loi pour l’abolition des corridas en France, nous perdons l’un de nos présidents d’honneur.

Mais nous perdons surtout l’une des consciences de notre époque, un intellectuel capable de compassion, un humaniste, un vrai. En son honneur et pour sa mémoire, nous poursuivrons la lutte jusqu’à l’abolition et la disparition définitive de ce dernier vestige d’une barbarie inouïe autorisée par la loi. Et rien ne nous fera renoncer. RIEN...

Pour l’équipe,

Jean-Pierre Garrigues

Président du Comité Radicalement Anti Corrida (CRAC)

j.p.garrigues@libertysurf.fr