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| 24-08-05 Lutte contre la Chrysomèle du maïs : l’agriculture biologique ne paiera pas les erreurs commises par l’agriculture intensive FNAB - GAB Région Ile de France Lutte contre la Chrysomèle du maïs : l’agriculture biologique ne paiera pas les erreurs commises par l’agriculture intensive Un couple d’agriculteurs biologiques des Yvelines est concerné par un plan de lutte obligatoire contre la Chrysomèle du maïs. Après intervention des organismes nationaux et régionaux de développement de l’agriculture biologique (FNAB – Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France ; GAB IdF – Groupement des Agriculteurs Biologiques d’Ile-de-France), les autorités de l’agriculture ont accepté un traitement spécifique avec un produit autorisé en agriculture biologique, de façon à éviter le déclassement des récoltes et des terres concernées. Un préjudice moral et économique considérable pour les agriculteurs bio a ainsi été évité au dernier moment. Il aurait été invraisemblable que les agriculteurs bio payent les inconséquences techniques d’un schéma d’agriculture intensive, qui est responsable de l’apparition de ce foyer de Chrysomèle. En effet, le « foyer d’infestation » de Thivernal-Grignon a été observé sur une parcelle gérée par l’Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA-PG), habituellement considéré comme une référence française en matière d’agronomie. Au mépris de toutes les recommandations techniques actuelles, cette parcelle se voyait emblavée en « maïs sur maïs ». Cette pratique est pourtant connue comme favorable au développement de la Chrysomèle ! L’irresponsabilité de l’Institut oblige aujourd’hui les agriculteurs des environs à subir un traitement préventif aérien à la deltaméthrine. Or, les règles de l’agriculture biologique conduisent à pratiquer des « rotations » complexes (successions de cultures), ce qui constitue la technique la plus efficace pour éviter la propagation de la Chrysomèle. Etrange paradoxe : les agriculteurs biologiques se retrouvaient obligés de traiter chimiquement leurs champs à cause des inconséquences d’agronomes conventionnels. La FNAB et le GAB IdF sont intervenus auprès du Ministère de l’agriculture et de la Direction Départementale de l’Agriculture des Yvelines, avec l’appui de toutes les organisations agricoles régionales (syndicats et Chambre d’Agriculture) et de plusieurs organisations de défense de l’environnement et de la santé, afin soutenir la demande des agriculteurs bio de réaliser un traitement à base de produits naturels autorisés par la réglementation de l’agriculture biologique. Ils prennent acte de la bonne volonté des pouvoirs publics, qui ont accepté cette prise en compte de leur mode de production. En revanche, la FNAB et le GAB IdF expriment leur profond malaise d’avoir été obligés d’intervenir en urgence, et de devoir se résoudre à un traitement (même biologique). L’agriculture biologique est une réalité de l’agriculture française et mondiale : tout dispositif de lutte contre un parasite doit prendre en compte les spécificités de notre mode de production, et prévoir des méthodes compatibles avec nos règles techniques. Il est impératif qu’à l’avenir de telles situations soient anticipées par les autorités, et que la prévention par la conduite technique soit préférée au traitement, quel qu’il soit. La FNAB fera des propositions en ce sens auprès du Ministère de l’agriculture. La question de la responsabilité doit également être posée car au-delà des producteurs bio c’est tout un territoire qui se trouve soumis à un traitement chimique obligatoire. C’est une nouvelle fois, la collectivité qui devra payer pour les errances de l’agriculture industrielle chimique. Paris, le 23 août 2005 Contact presse : Jacques Caplat (FNAB) – 01.43.38.38.69 Henri Doublier (GAB IdF) – 01.64.31.50.51 |