| 07-11-01 CONFERENCE COP7 SUR LE CLIMAT : Malgré les grandes incertitudes scientifiques qui entourent encore les "puits de carbone", c'est à dire la capacité des forêts à stocker le gaz carbonique (CO2), l'idée de planter des arbres pour sauver le climat a été retenue lors de conférence de Bonn en juillet 2001. Ainsi, les projets "puits de carbone" ont été incorporés dans les Mécanismes de Développement Propre (MDP) et pourront donner droit à des "crédits d'émission".Cette large prise en compte des forêts va permettre aux pays industrialisés de diminuer leur l'effort de réduction des émissions à la source décidé à Kyoto en 1997. Le marché international des crédits d'émission ( "droits à polluer") représente un enjeu financier considérable, ce qui explique l'engouement de certaines entreprises pour les projets "puits de carbone". Le recours à ce type de projets constitue la porte ouverte à des plantations à grande échelle pouvant engendrer des dégâts écologiques et des conflits sociaux importants. Dans le cadre de la Septième conférence des parties sur les changements climatiques qui se déroule actuellement à Marrakech, les Amis de la Terre-Internationaux attribueront aujourd'hui, le "TREEtanic award", prix récompensant le projet de puits de carbone ayant le plus grand impact négatif sur l'environnement et les populations locales. Parmi les trois nominés, on retrouve le projet français développé par PSA-Peugeot Citroën en Amazonie avec l'appui technique de l'Office National des Forêts (ONF). Vous trouverez des informations sur les différentes nominations dans le communiqué de presse ci-dessous. Frédéric Castell Campage Forêt - Les Amis de la Terre foret@amisdelaterre.org ___________________________________________________ Réseau Action Climat - France -- Communiqué de Presse CONFERENCE COP7 SUR LE CLIMAT : LE PROTOCOLE DE KYOTO SERA-T-IL AUSSI OPAQUE QUE L'OMC ? Lundi 5 novembre 2001 Marrakech, 1994, naissance de l'OMC, la plus opaque des organisations internationales, qui suscite, depuis sa création, une contestation grandissante. Marrakech, 2001, la 7e conférence des Parties (COP7) a pour objectif de finaliser les modalités du Protocole de Kyoto. Après une semaine de discussions entre experts, la participation du public disparaît peu à peu du texte de négociation, dont les règles ressemblent de plus en plus à celles de l'OMC. Le Protocole a créé deux mécanismes par lesquels les pays de l'OCDE et leurs entreprises pourront récupérer des crédits de carbone en contrepartie de la réalisation de projets de réduction d'émission dans les PVD (mécanisme de développement propre, MDP) et les ex pays de l'Est (mise en œuvre conjointe, MOC). Il est essentiel que les populations concernées par ces projets soient consultées préalablement et en toute connaissance de cause et qu'elles disposent d'un temps suffisant pour donner leur opinion sur l'opportunité de ces projets, la manière de les réaliser, et les impacts socio économiques qu'ils induisent. « Nous ne mettrons jamais notre confiance dans des mécanismes qui ne permettent pas l'accès des populations locales et des réseaux internationaux de développement et de défense de l'environnement. » dit Philippe Quirion du Réseau Action Climat. Or, une alliance de pays connus pour leur mépris de la démocratie (menés par la Russie) et d'Etats qui veulent éviter de réduire les émissions chez eux (Japon, Australie, Canada) cherche à réduire le délai de consultation des populations et la possibilité de saisie des organes de contrôle (Comité exécutif du MDP et Comité de supervision de la MOC). « Même les règles de la Banque mondiale sont plus transparentes que celles actuellement prévues par le texte de négociation. » affirme Antoine Bonduelle du Réseau Action Climat. « En même temps, les experts de ces quatre pays refusent que ces mécanismes soient soumis aux règles permettant d'assurer leur intégrité environnementale, au mépris de l'accord de Bonn adopté par leurs ministres », ajoute Raphaëlle Gauthier, du Réseau Action Climat. L'Union européenne doit rester ferme face au chantage de la Russie qui menace de ne pas ratifier le Protocole : la Russie a un intérêt financier et industriel massif dans le Protocole et il est évident qu'elle le ratifiera de toute façon. A quelques jours d'une ouverture très contestée des négociations sur l'OMC, il est fondamental que le Protocole de Kyoto ne s'engage pas dans les mêmes travers. ********************* Pour plus d'information, sur place : Philippe Quirion, Président : + 212.(0)6.78.42.520 Ou Raphaëlle Gauthier, responsable des questions internationales : +.212.(0)6.20.16.453 NB : Vous pouvez suivre les négociations internationales de CoP7 avec ECO, le journal des ONG Climat en Français et en anglais, ainsi qu'en consutant la revue de presse quotidienne francophone sur le site du Reseau Action Climat (www.rac-f.org). Le Réseau Action Climat représente les associations françaises de protection de l'environnement et de promotion des énergies renouvelables et de transports non polluants impliquées dans la lutte contre le changement climatique : Agir pour l'environnement, les Amis de la Terre, le CLER, la FNAUT, France Nature Environnement, la Fubicy, Greenpeace-France, le Réseau " Sortir du nucléaire ", le WWF-France |