23-04-01

" Tchernobyl, autopsie d'un nuage "

Uzès, le 20 mars 2001

A l'occasion du 15ème anniversaire de Tchernobyl, le Réseau Sortir du Nucléaire organise une soirée-débat autour de la projection du film :

Documentaire de Solange Graziani et Jean-Charles Chattard (France, 52 minutes, 2000).
Co-produit par les auteurs (Presse Corse TV), Galaxie Presse et France 3 nationale.
Déjà diffusé sur France 3 dans le magazine " Passé sous silence " le 12 octobre 2000.


Ce documentaire est le résultat d'un minutieux travail d'enquête menée pendant 2 ans en Corse, dans le Mercantour, le Vaucluse, la Drôme, le Tarn, à Paris, en Champagne-Ardennes et en Biélorussie. Reprenant les différents témoignages des acteurs ou des victimes de la catastrophe : scientifiques qui se contredisent, malades qui témoignent, politiques qui continuent d'ignorer... Le documentaire dénonce l'incroyable silence officiel.

Le 26 avril 1986 à 1h 24 du matin, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose, projetant dans l'atmosphère un gigantesque nuage radioactif. Poussé par les vents d'Est, le nuage va traverser toute l'Europe. Les autorités de l'époque affirment que le nuage s'est arrêté aux frontières de la France " à cause de l'anticyclone des Açores ". Le gouvernement français et le Service central de Protection contre les Rayons ionisants (SCPRI) refusent de prendre une quelconque mesure de précaution sanitaire.

Les ministres ont déclaré, entre autres : Le 2 mai 1986, le ministre de la Santé, Danielle Barzarch : " Ni la situation actuelle ni son évolution ultérieure ne justifient dans notre pays quelque contre-mesure sanitaire que ce soit. "

Le 6 mai1986, le ministre de l'Agriculture, François Guillaume : " Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les radionucléides ".

Cependant, une poignée de scientifiques prend l'initiative de mesurer les taux réels de radioactivité dans l'air et sur les légumes vendus sur les marchés de l'Hexagone. Les résultats sont éloquents : de l'iode 131 et du césium 137 sont détectés alors qu'ils n'existent pas à l'état naturel. Selon les médecins et chercheurs interviewés, la présence de ces radionucléides toxiques est directement liée à l'explosion deTchernobyl et leur impact sur la santé ne laisse aucun doute. Il faut savoir que l'iode 131 vit quelques semaines, mais le césium 137, particulièrement nocif, a, lui, une durée de vie de 3 siècles avec un décroissement de la moitié de sa radioactivité tous les 30 ans seulement.

Il y eut une réelle volonté d'étouffer toutes les voix qui tentaient de donner l'alerte. A en juger par l'exemple de la caserne des pompiers d'Ajaccio : le détecteur de radioactivité de la caserne s'est déclenché pour la première fois le lendemain de la catastrophe, mais l'appareil fut immédiatement retiré sans autre suite...

Actuellement, les montagnes corses et le Parc du Mercantour cachent des taches de pollution où la radioactivité dépasse largement celle de la zone interdite de Tchernobyl ! On constate par ailleurs une augmentation de 172% des cancers de la thyroïde depuis 1986. 15 ans après, comme pour les essais nucléaires de Mururoa, aucune étude épidémiologique n'a été entreprise.

La projection sera suivie d'un débat animé par M. Roland DESBORDES, président de la C.R.I.I.R.A.D., association indépendante d'information sur la radioactivité, constituée à l'occasion de la catastrophe de Tchernobyl.

Vendredi 27 avril 2001 à 20 heures,
CINÉMA " LE MELIÈS "
Centre Commercial Croix de Chavaux
M° Croix de Chavaux (MONTREUIL 93)


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